Comprendre le grooming

Le « grooming » désigne une manipulation visant à obtenir la confiance d’un jeune pour l’exploiter sexuellement. Certaines approches se construisent progressivement; d’autres situations d’exploitation ou de sextorsion deviennent menaçantes très vite. Il ne faut pas attendre une succession d’étapes pour chercher de l’aide.

Un jeune peut vivre la relation comme positive, être inquiet ou avoir du mal à expliquer ce qui se passe. Écoutez-le sans le blâmer. Une relation secrète imposée, des demandes sexuelles ou des menaces justifient de chercher de l’aide, même si les autres signes ne sont pas présents.

À retenir Le grooming peut se passer sur n'importe quelle plateforme : jeux en ligne, Discord, TikTok, Snapchat, Instagram, Roblox, WhatsApp. Examinez les comportements, les fonctions utilisées et les possibilités de signalement de la plateforme.

Des comportements à reconnaître, sans scénario unique

Une approche peut sembler amicale, devenir insistante ou comporter des menaces très rapidement. Ces comportements ne suivent pas toujours le même ordre. L’absence de l’un d’eux ne permet pas de conclure qu’une relation est sûre.

  • Créer une proximité : attention soutenue, intérêts communs, compliments ou cadeaux peuvent servir à obtenir la confiance.
  • Imposer un secret : demander de cacher la relation ou de passer sur un autre compte peut isoler le jeune des personnes qui pourraient l’aider.
  • Dépasser les limites : questions sexuelles, demandes d’images et insistance malgré un refus doivent être prises au sérieux.
  • Menacer ou faire du chantage : une personne peut exiger de l’argent, des images ou d’autres actes en menaçant de diffuser du contenu réel ou fabriqué.

Sextage et sextorsion sont différents. Le sextage désigne l’échange de contenus sexuels. La sextorsion implique des menaces pour obtenir quelque chose. Elle peut survenir très vite, sans longue relation préalable. Le jeune n’est pas responsable des menaces qu’il subit.

Les signaux d'alarme chez votre enfant

Ces signaux ne prouvent rien en eux-mêmes, mais leur combinaison ou leur apparition soudaine justifie une conversation ouverte :

  • Cache son écran ou ferme rapidement des applications quand vous approchez
  • Utilise ses appareils la nuit, en dehors des heures habituelles
  • Parle d'un "ami en ligne" que vous ne connaissez pas, souvent plus vieux
  • Reçoit des cadeaux, des cartes-cadeaux ou de l'argent d'une source inconnue
  • Devient anxieux, irritable ou triste sans raison apparente
  • Se retire socialement de ses amis habituels
  • Réagit défensivement quand vous posez des questions sur ses activités en ligne
  • Utilise un nouveau téléphone, une nouvelle application ou un compte que vous ne connaissiez pas

Comment en parler sans créer de panique

Abordez le sujet avec des mots adaptés à l’âge de votre enfant. Dites-lui qu’il peut vous parler même s’il a répondu, partagé quelque chose ou s’il a peur de votre réaction.

Quelques pistes pour ouvrir la discussion :

  • Choisissez le bon moment. Une conversation en voiture, pendant une promenade, autour d'un repas — dans un contexte détendu, sans que l'enfant se sente interrogé ou accusé.
  • Utilisez des exemples concrets. "J'ai lu un article sur un jeune qui a reçu des messages d'un inconnu en ligne — tu sais ce que tu ferais dans cette situation?"
  • Rassurez-le explicitement : "Si quelqu'un te demande de garder une conversation secrète de tes parents, c'est un signal que quelque chose ne va pas. Tu peux toujours m'en parler — tu ne seras jamais dans le trouble."
  • Répétez régulièrement. Pas un grand discours annuel, mais des conversations courtes et naturelles, régulièrement.
Ce que les enfants ont besoin d'entendre "Tu ne seras jamais dans le trouble si tu me parles de quelque chose qui t'a mis mal à l'aise en ligne — même si tu penses que tu as fait quelque chose de stupide, même si tu as honte." Cette phrase peut changer le cours des choses.

Mesures de protection concrètes

  • Appareils rechargés hors des chambres à coucher la nuit — pas de téléphone en chambre après une heure définie
  • Ordinateurs et tablettes utilisés dans des espaces communs, pas dans la chambre
  • Comptes de réseaux sociaux en mode privé (voir nos guides TikTok et Discord)
  • Convenez avec le jeune de la façon de vérifier un nouveau contact et de refuser une demande insistante, selon son âge et les fonctions de la plateforme
  • Applications de supervision parentale : Google Family Link sur les appareils compatibles et Temps d’écran sur iPhone, à choisir selon l’âge et les besoins
  • Conversation régulière sur qui sont les contacts en ligne de votre enfant

Obtenir de l’aide et conserver les éléments utiles

En cas de danger immédiat, appelez le 911. Pour des menaces ou des contacts sexuels préoccupants avec un mineur, contactez la police ou Cyberaide.ca sans attendre une réponse de CyberFamille.

Notez les noms de comptes, les liens, les dates et les messages de menace. Ne téléchargez pas, ne recopiez pas et ne faites pas circuler d’images intimes impliquant un mineur. Demandez au service compétent comment préserver les éléments déjà présents. Ne transmettez pas ces images à CyberFamille.

  • Cyberaide.ca / Cybertip.ca est un programme du Centre canadien de protection de l’enfance. Téléphone : 1 866 658-9022.
  • Votre police locale : vous pouvez demander de l’aide sans avoir constitué un dossier complet.
  • Tel-jeunes : soutien pour les jeunes.
En cas de chantage N’envoyez ni argent ni nouvelles images. Cessez de répondre et ne confrontez pas la personne. Signalez le compte et bloquez-le; demandez de l’aide pour préserver les éléments utiles sans recopier les images intimes. Soutenez le jeune et cherchez de l’aide auprès des ressources compétentes. CyberFamille peut ensuite accompagner les démarches numériques dans le cadre convenu.

Sources

Sources consultées le 14 septembre 2026.